Les deux vies de Soyuz, Christian Lardier et Stefan Barensky

Posted on 18 septembre 2012

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« Les Deux Vies de Soyouz » décrit l’épopée technologique d’une fusée de légende dont on n’a pas fini d’entendre parler! D’abord baptisée R-7 et développée par le célèbre constructeur Serguei Korolev entre 1954 et 1957, elle fut le premier missile intercontinental au monde. Au cours des cinquante premières années de la conquête spatiale, cette véritable 2 CV de l’espace a lancé les premiers satellites, les premières sondes planétaires, tous les cosmonautes russes, et un très grand nombre de satellites militaires. Fin 2010, elle entamera une seconde vie avec son premier vol depuis Kourou, en Guyane française. Au milieu des années 1990, la France et la Russie entreprennent de commercialiser le lanceur sur le marché international, aboutissant à la création de la société commune Starsem, en 1996. En quinze ans, Starsem effectue plus de vingt tirs commerciaux depuis Baïkonour. L’Europe décide alors d’intégrer le Soyouz dans sa famille de lanceurs, avec la construction d’une plate-forme de tir au Centre spatial guyanais. A partir de 2010, la fusée sera lancée depuis Baïkonour, Plessetsk et la Guyane au rythme d’une quinzaine par an.

Auteurs : Christian Lardier et Stefan Barensky
Editions : E-dite, Collection : Histoire des sciences
Parution : 09/2010, Nbre de pages : 416, Prix : 28,00€, ISBN : 9782846082662

Présentation :

Pensée et développée tout d’abord comme une terrible arme de destruction, Soyuz est aujourd’hui indissociable de l’histoire de la conquête spatiale. Véritable cheval de labeur de l’espace Soviétique, puis Russe, elle est en passe de devenir le brillant symbole de la coopération internationale dans ce domaine fondamental. Un palmarès inégalé que lui envie tous les lanceurs du monde (plus de 1700 tirs à son actif), une fiabilité à toute épreuve, elle devrait décoller le 20 octobre prochain du port spatial Européen de Kourou. Avec certes plus d’un an de retard sur le programme initialement prévu, mais qu’importe !

Un lanceur d’exception méritait bien un ouvrage d’exception. En tous points celui de Christian Lardier et Stefan Barensky répond à cette définition. Véritable monographie du lanceur, il est organisé en deux parties distinctes. La première : « Soyuz à l’est » revient avec force détails sur la conception et l’utilisation de Soyuz par les Soviétiques puis les Russes. La seconde « Soyuz à l’ouest » présente l’épopée des négociations et des programmes, comme la constitution de « Starcem », qui aboutiront bientôt à le voir volé sous les couleurs Européennes. Truffés d’informations historiques et techniques de premier ordre, disposant d’une iconographie impressionnante, cet ouvrage pourra semblé quelque peu ardu aux non initiés, mais se révélera indispensable à tous passionnés de la conquête spatiale.

 « Soyuz à l’est ». D’emblée le lecteur se perd un peu dans l’exhaustivité souhaité par l’auteur : Christian Lardier. La course avec les Américains pour récupérer les savants Allemands et le matériel du programme V-2 nazi à la toute fin de la seconde guerre mondiale. Les jeunes générations ne le savent plus de nos jours, mais les programmes spatiaux Soviétiques, Américains, et dans une moindre mesure Français ont tous bénéficié des ressources et cerveaux de l’allemagne nazie, très en avance à l’époque dans le domaine des missiles. C’est sur l’étude des terribles fusées V-2, que les deux grandes puissances vont ainsi s’appuyer pour développer leurs propres missiles ballistiques, qui mèneront quelques années plus tard aux lanceurs spatiaux. La constitution du programme de recherche Soviétique, les premiers tests, la réalisation du cosmodrome de Baikonour, les espoirs, les échecs, les brillantes réussites, tout est ici évoqué avec un luxe de détails impressionnant. A titre d’exemple, pour chacun des organismes de ce gigantesque programme (et ils sont très nombreux), l’auteur nous donne les identités des responsables, les dates des réalisations, la valse des promotions et limogeages etc… Course à l’armement avec les Etats-Unis, le programme spatial n’a débouché que d’une volonté initiale de se doter de missiles intercontinentaux puissants et fiables capable de porter le feu nucléaire sur le sol de l’ennemi. Il a fallu toute la ténacité de Korolev et de quelques autres pour que le gouvernement Soviétique accepte qu’une partie des ressources de ce vaste programme militaire ne soit « détourné » vers la mission « Spoutnik I ».

Puis ce sera le vol historique de Gagarine, la mission emblématique « Apollo – Soyuz », la constitution et l’utilisation de la station MIR, qui précédera la mise en place de l’actuelle Station Spatiale Internationale. Autant de programmes majeurs, qui n’auraient pas été réalisables sans Soyuz. Avant de nous quitter l’auteur nous présente par le détails les différentes versions de Soyuz (plus nombreuses que ce que je croyais) et la réalisation des cosmodrome de Plesetsk et Baikonour. Une première partie dense comme vous le voyez, mais fichtrement intéressante. Une mine d’informations vers laquelle il est possible de se tourner à tout moment, comme base de référence.

Soyuz à l’ouest. Dans cette seconde partie, Stefan Barensky nous dévoille les dessous d’une coopération de longue date entre la France (puis l’Europe) et la Russie, dans le domaine spatial.

Pour le plaisir deux vidéos de la grande dame

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Posted in: Espace, Science