Debout les morts, le train fantôme entre en gare, Philippe Curval

Posted on 10 septembre 2012

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Demain, la mort ne sera plus ce qu’elle a été. Avec les zombis découvrant les joies de la vaisselle, la star défunte se prêtant à un scandaleux exhibitionnsime audio-visuel, en voyage dans le train fantôme vers le grand Disneyland de l’au-delà, au coeur des tombeaux les plus vieux de la galaxie, ou bien en compagnie d’un revenant informatique avide de se reproduire, en neuf nouvelles Curval vous fera porter le deuil de vos appréhensions. Humour noir garanti grand teint.

Présentation

Un petit recueil de nouvelles ne fait jamais de mal. Celui ci trainait dans ma PAL depuis trop longtemps maintenant. Je lui est donc jeté un sort il y a quelques jours. Un auteur Français que je n’avais pas encore abordé. Oui je sais c’est triste, car il s’est démené durant de nombreuses années. Mais que voulez vous, la vie d’un lecteur se résume à une succession de choix. Le quatrième de couverture étant suffisamment clair, je vous passe le laïus concernant le thème du présent recueil.

L’homme immobile : Dans un univers ou les infirmes et autres handicapés ne semblent pas les bienvenus, un aveugle craint pour sa sécurité alors qu’il aborde les rues désertes. On ne peut pas dire que l’entrée en matière soit flamboyante. Elle a le mérite de poser l’ambiance générale et de pousser le lecteur a aller de l’avant pour y trouver de la substantifique moelle.

La dernière photo de Laure Lye : Un journaliste mène l’enquête sur la disparition mystérieuse d’une Icone. LA star dont le monde entier s’est entiché s’est volatilisée. Les différents entretiens présentés et qui forme cette nouvelle, nous révèlent les dessous d’une affaire étrange, ou l’apparence et le réel se mêlent de bien belle manière. Robot de la défunte, anciens amants, tous détiennent une part de vérité. Bien écrit et efficace.

Un secret bien suivi : Une dictature administrative décide un beau jour d’interdire la détention et la propagation des secrets. Dans un pays que n’aurai pas renié Ubu, et dans un « non sens » tout Britannique l’auteur nous dévoile peu à peu ce que cette décision implique sur un plan moral et social. Un petit délice d’humour.

Le monde est une insomnie : Un avatar informatique explore le monde du réel que son possesseur a déserté voici longtemps. Pourquoi cette surveillance ? Que va t’il découvrir dans cet univers ravagé ? Une nouvelle réussie, aux images fortes de fin du monde. Un univers étrange peuplé de personnages qui ne le sont pas moins.

La nécropole enracinée : Sur la planète Thyol, un pilleur de tombe va faire une incroyable découverte alors qu’il s’enfonce toujours plus avant dans les profondeurs d’une nécropole. Peut être le texte qui m’a le plus marqué de tout le recueil. Son atmosphère, ses présupposés et ce qu’elle implique aurait sans doute donné lieu à un roman, tant il y a de matière.

Traffic de Fureurs : Argh !!! Ne me demandez pas de quoi ça parle ! Je me souviens juste d’un pool de secrétaire et de grands singes. Sitôt lue sitôt oubliée, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne m’aura pas marquée plus cela. Si ce n’est l’impression d’être complètement passé à côté même au moment de la lecture.

Pas de week-end pour les zombies : Devant le manque criant de personnel disponible et dans un soucis de réduire les coûts de maintenance de l’anthropositoire, le gouvernement décide de réveiller les défunts placés jusqu’alors en état d’hibernation. Ces derniers après un programme de remise en forme sont remis aux familles ou placés sur le marché comme personnel de maison. Humour noir quand tu nous tiens ! Encore une parfaite et jubilatoire illustration de l’humour « non sens » que peu développé à loisir l’auteur.

Debout les morts ! Le train fantôme entre en gare : Des personnalités éparses et ne se connaissant pas se retrouvent à bord d’un « train fantôme » pour un périple qu’ils ne sont pas prêt d’oublier. La nouvelle la plus longue du recueil éponyme, mais clairement pas ma préférée. Soit le train est poussif, soit la collation servie à bord m’est restée sur l’estomac.

Si vous n’avez rien à me dire : Ou l’auteur s’adresse directement à son lecteur pour tenter de lui fixer un rendez-vous, afin de se rencontrer et d’échanger… ou pas ! Une en belle  façon de terminer un recueil de nouvelles. Les fans de Mr Curval sont prévenus : toute rencontre ne peut être que fortuitement bien préparée…

Une sensation finale en demie teinte pour l’aurez compris. C’est souvent le lot des recueils de nouvelles d’en contenir un peu pour tout le monde, et c’est le cas ici. Cela m’aura néanmoins permis de découvrir deux textes que j’ai beaucoup aimé : « La dernière photo de Laure Lye » et « La nécropole enracinée », ne boudons donc pas notre plaisir.

Un petit extrait du monde est une insomnie

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Posted in: SF