Starfish, Peter Watts

Posted on 2 octobre 2011

11


Lenie Clarke est chef d’équipe dans une station des abysses, sur la côte pacifique, chargée d’exploiter et de contrôler l’énergie géothermique. Comme ses compagnons, elle a d’abord suivi des tests et un entraînement rigoureux puis subi des altérations génétiques qui lui permettent d’accoutumer sa vision à l’obscurité et de respirer dans l’eau lors des sorties obligatoires.

Ce qu’elle ignore, c’est que la société qui l’emploie ne choisit pas les candidats par hasard : seuls sont recrutés des hommes et des femmes aptes à subir de fortes doses de stress, des individus présentant tous une psychologie… déviante. Le noir et le silence des profondeurs deviennent le théâtre d’un huis clos inquiétant où les monstres ne rôdent pas seulement à l’extérieur.

 

 

Présentation

Depuis sa sortie chez Fleuve Noir je m’étais promis de faire la découverte de ce roman, sans en avoir toutefois le temps. Les vacances m’ont permis de remédier à cela et pour tout vous dire je ne vais pas m’en plaindre. Aux commandes : Peter Watts, un auteur Canadien que je ne connaissais pas. Biologiste de formation il nous a concocter pour le premier tome de cette trilogie une recette un rien corsée. Des milliards de litres d’océan sombre, une station de maintenance sous-marine qui craque sous la pression, quelques bribes de Terre Cyberpunk ou il fait bon ne pas vivre, une mégacorpo retorse et toute puissante, quelques livres de « monstres des abysses » et une poignée de personnages haut en couleur quoi que très douteux. Ne pensez pas pouvoir vous identifiez à l’un d’entre eux, il s’agit d’un ramassis clinique de névrosés, psychopathes, paranoïaques, violeurs et violés… Tout ce beau monde a été soigneusement sélectionné justement pour ce profil psychologique « recherché » qui doit permettre d’opérer en mission de longue durée dans ce cadre si particulier. Des individus prêt à tout pour fuir leur réalité, éviter les condamnations promises ou plus simplement, candidats au suicide. Autant vous dire que l’atmosphère au sein de la station est lourde et poisseuse. Adaptés par voie chirurgicale et biologique à leur nouveau poste, on les à doter entre autre chose d’une aptitude à respirer sous l’eau.

Les premières tensions passées, tout ce charmant petit monde se met au boulot. Par rotations, il vont entretenir les installations posées sur le rift et qui permettent ainsi d’alimenter en énergie la vieille Amérique en déliquescence. Les sorties sous-marine se succèdent, avec leurs lots de mauvaises rencontres, tout comme les retours à la station ou les prédateurs n’en sont pas moins redoutables. Bien vite le malaise et la tension s’installe. Au fur et à mesure que chacun tente de prendre ces marques, certains individus s’adaptent plus facilement aux sombres profondeurs et retardent de plus en plus le moment du retour à la station pour y prendre repos. Petit à petit cet environnement dangereux leur semble bien plus accueillant que la civilisation des « sécheux » qu’ils viennent de quitter. Jusqu’à ce que…

Starfish est un excellent roman, avec lequel j’ai passé un très agréable moment. A mi chemin entre « Abyss » et « Solaris », l’aventure des grands fonds s’y partage la vedette avec la psychologie des personnages. Et quels personnages ! Le côté science-fictif très peu présent devrait permettre même à ceux redoutant un peu le genre, de plonger avec bonheur et sans retenue dans cette aventure hors du commun. Pour ma part, j’attends la suite avec impatience.

Hugin & Munin,

Publicités
Tagué: ,
Posted in: SF